Cartomancienne

lovecraft cartomancienneDepuis le décès télévisuel de Jacques Pradel -Pape de l’Étrange- les phénomènes irrationnels ont eu une fâcheuse tendance à bouder nos salons. Affalé sur un canapé, la probabilité que le paranormal vienne se faufiler sous vos coussins frise en effet le zéro absolu -exception faite du pouvoir qu’ont vos clefs de bagnoles de s’y glisser.

Ainsi, il faut aujourd’hui s’acquitter d’un minimum d’efforts pour partir à l’exploration des Mondes Inquiétants situés à la lisière de l’entendement, par delà la frontière d’une banale existence.

La première méthode, la plus classique et assurément la moins périlleuse pour votre santé mentale, consiste à vous plonger dans une oeuvre de littérature d’un des ténors du genre : Poe, Lovecraft, Blackwood (et tant d’autres) sauront avec un art consommé frayer des chemins tortueux pour agiter le coeur de vos paisibles certitudes. Une fois ce genre d’ouvrage refermé, le malaise qu’il aura insinué perdurera sans doute quelques minutes, voire quelques heures chez les plus impressionnables des lecteurs. Il finira toutefois tôt ou tard par être brutalement balayé par la réalité crue, sous la forme d’une pile de vaisselle sale où d’un rappel du Trésor Public posé sur le guéridon.

L’autre méthode, de loin la plus dangereuse mais aussi la plus intense, suppose que vous deveniez proprement acteur d’une situation étrange et déroutante. Mais gare à vous ! S’il n’est pas compliqué de créer les conditions d’une telle situation, le principe même de votre « Voyage en Terre Inconnue » implique que la maîtrise de votre partition vous échappe rapidement. Votre curieuse excursion mentale, votre naïve quête d’émotions inédites peut fort bien se terminer en naufrage définitif sur les rivages de la folie. L’expérience comporte des risques; heureux est celui dont l’esprit en sort indemne !

Si vous souhaitez -malgré les risques- tout de même tenter l’aventure en territoire non-sense, votre partance pour vos vacances estivales vous fournit une occasion idéale, qui ne nécessite quasiment aucun préparatif : Mettez-vous au volant de votre voiture; proposez à votre femme de s’asseoir le siège passager; confiez-lui la carte routière où figure votre destination; et suivez ses instructions. Scrupuleusement.

A lire, ailleurs : le meilleur moyen de s’orienter sur une carte est encore de la créer soi-même de toutes pièces. C’est justement le sujet de la première partie du sympathique tutoriel de William44 consultable sur Appui-Feu, destiné à vous aider à manipuler l’éditeur de carte fourni avec Battle for Normandy et Fortress Italy et -peut-être, susciter l’envie de se mettre enfin à la création de scénarios. A lire évidemment en liaison avec le chapitre « Éditeur de Carte » du Manuel de jeu VF.

Cette entrée a été publiée dans Battle for Normandy, Concepts de jeu, Fortress Italy, Mods et Travaux, Shrapnels. Placez un signet sur le permalien.

4 Responses to Cartomancienne

  1. Alma dit :

    Encore un régal et ça sent le vécu et les vacances – ta femme l’a-t-elle au moins lu ce billet ? Décidément j’adore le style Carlos, tout ça pour nous tirer des Grisbis et cirer les pompes à William88.
    PS : si j’écris ici c’est pour encore me régaler avec ces voyages « nonsense » dans ce no-man’s-land du web. Alors, soyez gentils et donnez-moi des Grisbis (au moins pour rembourser cet article…) car je sais pas écrire !

  2. Carlos Carlos dit :

    Bonjour Alma 🙂

    Alors, soyez gentils et donnez-moi des Grisbis (au moins pour rembourser cet article…)

    Sous ces faux airs de quêteur de R.E.R, je pense que tu as bien compris le principe. Il n’est par contre pas inutile de le rappeler à l’usage de celui qui ne passerait qu’aujourd’hui et se demanderait pour tant de pages sont « bloquées ».

    Le billet explicatif est « Touche pas au Grisbi » qui devrait vous fournir à peu près toutes les clefs pour piger le sens et la nature du remue-ménage.

    Personne ne pourras te fournir le Grisbi nécessaire pour « rembourser » l’achat de ce billet…mais ton commentaire a simplement suffit à le faire !

    car je sais pas écrire !

    Ca c’est un argument que je n’entends pas, pour la simple raison que ton commentaire prouve le contraire, par le simple fait d’exister.
    Et si le sens véritable était « Je ne sais pas bien écrire »…et bien j’ai une info capitale: Nous ne sommes pas sur un blog littéraire. A chacun d’y placer sa façon de faire et d’y imprimer sa « patte ». Si tu n’écris qu’en alexandrins, lâche-toi ! Si ce n’est qu’avec des mots de deux syllabes, fais-toi plaisir ! Si c’est en patois de Ménilmontant ou en Créole, fais-nous découvrir ça !

    Le vrai critère est d’avoir un truc à dire, et la palette sujets est diablement large. Et si pour certains une certaine forme d’inhibition ou d’auto-censure serait liée à des difficultés orthographiques, on peut toujours arranger ça en coulisse pour que ça sorte comme un sou neuf (dans la limite de mes propres compétences); aucun problème.

    ça sent le vécu et les vacances – ta femme l’a-t-elle au moins lu ce billet ?

    C’est ma femme qui conduit, je n’ai pas le permis (véridique) 😀

    A bientôt (et merci pour les petits compliments) 😉

    PS: Ah ben tiens, tant que je passe:

    * Ya pas mal de bots qui se passionnent pour le blog en ce moment. Comme protection, je trouve les CAPTCHA machin hyper relou quand je tombe dessus perso, et ne compte donc pas à priori intégrer ce genre de choses tant que je parviens à cliquer plus vite qu’ils ne s’inscrivent.
    Du coup, si votre pseudo est du genre très Chelou et votre adresse mail encore plus, je vous recommande d’assez vite poster un commentaire qui dissipe le doute.
    J’ai déjà débouté sans sommation un bon paquet de KaRLoSTUmranfol@vienmonminou.net et je m’en voudrais évidemment d’avoir commis une bavure. 😀

    • Alma dit :

      Merci Carlos, décidément, tu as un retour impressionnant : 30 lignes de réponses pour 4 postés de ma part ! Donc je continue…
      Est-ce qu’on peut, pour rigoler, avoir le décompte de tes Grisbis ? On voudrait ton nom dans la liste du plus gros Grisbis (euh, il y a un doute, on dit « un Grisbis » quand il y a en plein… ou kil est gros ? ou « un tas de Grsibis », ou une pelleté, palanquée, tapée, flopée, tripotée, ribambelle ou un max* … ?)… ne serait-ce que pour les partager… ou faire une donation, ou une récompense, qui sait ?
      « Le vrai critère est d’avoir un truc à dire »… dit-il en écrivant un billet du plus délectable « nonsense ». Moi je trouve ça… délectable. Décidément Carlos, tu pourrais monter un site http://www.LeSiteDesAmoureuxDeLaSoupapeàDoubleCarburationmontéesenV8.org et encore avoir des choses à (nous) dire !
      PS : des idées pour les unités de mesure du Grisbis *www.metrodiff.org/cmsms/uploads/pdf/norpif.pdf

  3. sval06 dit :

    On s’en fout de celui qui a le plus gros grisby, ce n’est pas la taille qui compte il paraît… 🙂
    Comme dit le poète (inconnu bien pratique quand on ne peut pas citer ses sources): 2 centimètres , c’est déjà chouette re:)

    Tiens carlos, tu sais ce qu’il manque ici: des petits smileys

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *