Déstockage massif

destockage massif combat mission 2La vue d’un cadavre, d’une véritable dépouille, me glace le sang. Je fais partie de cette catégorie de personne, sans doute rare, qui n’a jamais vu de ses propres yeux -sans l’intermédiaire d’un objectif photographique ou d’un écran de télévision- un corps sans vie. Pourtant, la vie (si on peut parler ainsi) offre de trop nombreuses opportunités de côtoyer la mort des autres. Même lorsqu’on vit sous des latitudes policées où la mort ne s’invite que rarement dans le quotidien, on ne semble pas pouvoir échapper -à minima- aux occasions d’aller rendre un dernier hommage à un parent âgé, un malheureux ami foudroyé, avant qu’on ne referme son cercueil.

J’ai pourtant toujours évité ces moments ; sous la contrainte bienveillante des adultes lorsque j’étais enfant, puis par choix personnel -sûrement aiguillonné par une sourde appréhension- une fois moi-même en âge de décider. Je ne pense plus pouvoir aujourd’hui échapper à la tétanie si on m’obligeait à « y aller ». De grâce, respectez ma volonté jusqu’au bout : évitez ma grimace en écartant les miroirs le soir de ma veillée funèbre.

Je ne suis pas pour autant de ceux qui s’abstiennent de ricaner comme des imbéciles aux simulacres sanglants de mise à mort qu’on peut observer à la télévision (j’excepte l’Agence Tous Risques, série pour laquelle le rapport est d’un point de suture par mégatonne d’explosifs), ni aux tombereaux de cadavres pixelisés qui vont et viennent sur les écrans de jeux vidéos. Mon esprit fait naturellement le distinguo, très clairement, sans confusion possible – Ce réflexe, du reste, doit être à peu près universellement partagé, et ne fait pas du coup de moi une personne aux dispositions mentales très étranges (à ce titre du moins).

Partant de là, je suis évidemment très tenté d’apporter ma pierre aux convulsions cycliques du débat relatif à la supposée banalisation de la violence réelle et sa relation (supposée aussi) avec l’invasion dans les « œuvres de l’esprit » (et le jeu vidéo en particulier) de la violence simulée, crûment exposée. Je ne verse toutefois pas dans les thèses de comptoir, et je n’irai donc pas plus loin que vous rapporter l’entrée en matière d’un député sur ce sujet : « Nul ne peut nier que l’idée vient en voyant […] ». Nous devons cette magnifique saillie, ce sophisme imbécile, à M. Remiller (Google est mon ami) qui gagne ainsi avec une seule expression un ticket VIP pour le panthéon des crétins accrédités par le Peuple. J’ai également le souvenir impérissable de la réponse malicieuse d’un internaute qui lui rétorquait en substance : «On peut dans ce cas se demander qu’elle fût l’intention réelle de l’homme qui, le premier dans l’Histoire, se mis à traire une vache». l’échange est d’anthologie. Il mérite je crois de clore la partie dispensable et joyeuse de mon billet.

Robert Capa 937Dernier ajout – Avant de déstocker, il est nécessaire de bien garnir vos rayonnages. C’est précisément le sujet du chapitre du manuel 2.0 relatif à l’éditeur d’unités. Un chapitre dont l’intérêt porte au delà de la création de nouveaux scénarios et campagnes. En effet, un certain nombre de paragraphes forment un complément précieux aux indications trop vagues (ou même absentes) contenues dans la partie « Batailles Rapides » sur le thème de l’achat des unités. On y trouvera cette fois par exemple la définition précise des différents niveaux d’expérience des unités, et celle d’autres facteurs affichés dans l’interface. La traduction de ce chapitre correspond à celle des pages 84 à 89 du Game Engine Manual 2.0 ».

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3 Responses to Déstockage massif

  1. Li-An dit :

    Bernard Debré, à la suite de la mort du militant d’extrême gauche, a embrayé direct sur le sujet. On se demande comment les gens faisaient la guerre avant sans les jeux vidéos. Ce devaient être de véritables chochottes…

  2. Carlos Carlos dit :

    Ah oui tiens, tu me l’apprends. Je viens du coup de tomber sur la citation:

    Il est dramatique que cette violence règne. Elle a plusieurs raisons, plusieurs motivations et d’abord l’égarement idéologique de l’Extrême-droite et celui de l’Extrême-gauche. Il faut aussi rappeler l’existence de tous ces jeux hyper violents mis à la disposition des enfants qui, lorsqu’ils deviennent adultes, ont cette culture dramatique.
    http://www.bernarddebre.fr/actualites/la_mort_d_un_militant_d_extr__me_gauche

    …clap…clap…clap…

  3. Emil Emil dit :

    Putin, qu’il est con – désolé y’a pas d’autres mots . .

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