Avanti! (Fortress Italy)

Première minute

Gné !?

Dès les premières secondes de la partie, c’est l’étonnement, la stupeur ou, plus justement, la perplexité.
Que cherche à faire mon adversaire ?

Un Halftrack commence à bonne allure à franchir le pont vers mes positions, « fourré » de ce qui m’a tout l’air d’être un groupe de combat.

Simultanément, j’observe deux half-tracks eux mêmes utilisés comme transport de troupes filer vers « Dolce ».

Je suis partagé entre l’attitude d’applaudir mon adversaire pour son réflexe de renforcer « Dolce » et celle d’être absolument effaré par la folie d’expédier ainsi un autre Half-track s’empaler sur mes troupes.

D’autant que, comme on le voit, le comité d’accueil est plutôt généreux, mes hommes n’ayant eu à peine le temps de faire quelques pas avant de voir débouler en ligne de mire le fameux Half-track.

(on voit au premier plan le mortier de 45 mm commencer à tirer à l’arrière du pont)

C’est au fond de la vallée une section quasi entière qui ouvre le feu sur la carlingue du véhicule, commençant à transformer en véritable passoire le blindage épais comme du papier à cigarette.

D’autant que, souvenez vous…

…la section sur « Vita » devant faire le chemin sur la pente de la colline, elle trouve elle aussi rapidement en ligne de vue le fameux fanfaron.

Le résultat ne se fait guère attendre, il y a bientôt une « explosion » de croix rouges visibles de l’ouverture du véhicule. Les occupants semblent se succéder frénétiquement à la mitrailleuse embarquée pour décocher quelques rafales paniquées et ineptes, avant d’être abattus chacun leur tour.

Le Half-track toujours en état recule d’instinct sous l’effet de la panique mais ne trouve guère de refuge, le bosquet juste derrière étant insuffisant pour se mettre à couvert. C’est un déluge de plomb !

(au second plan, les foxholes sur l’autre rives battus par mon mortier)

Les deux autres engins américains arrivent par contre sans encombre sur Dolce. Je les vois avec ma section depuis Vita, mais mes soldats préfèrent spontanément leur cible actuelle que celle qu’ils constituent, beaucoup plus éloignée.

Deux images pour rendre compte de mon avance prudente au sommet de Dolce. L’avant poste est tout juste en vue du groupe qui progresse le long du chemin, mais je sais déjà que mes plans devront être modifiés au regard des nouveaux évènements, et à la douloureuse perspective d’être confronté à un ennemi significativement renforcé.

-Fin de tour-

Changement de tactique pour le prochain tour. Ceux de Vita laisseront provisoirement l’avant poste tranquille pour poursuivre leur avantage en se déployant là où ils se trouvent.
D’une part en réduisant à totale merci le premier Half-track déjà à la dérive, mais également en alignant à longue distance les deux autres véhicules encore en vue sur la colline qui fait face.

Bien que défenseur, mon adversaire s’est apparemment décidé -contre toute attente- à prendre l’initiative. Chargeons-nous de lui faire payer cher sa témérité.

Sur Dolce, je revois ma progression en accentuant sa prudence et, par le coup, sa lenteur. Si l’ennemi aligne finalement une section entière sur cette colline soutenus par au moins deux Half-track, le rapport de force passe brutalement en ma défaveur.
Je temporise donc en cherchant à comprendre les intentions adverses.
Je l’ai dit…c’est lui qui a pris d’emblée l’initiative.

9 Responses to Avanti! (Fortress Italy)

  1. Avatar Amaris dit :

    Je suis le boucher US 😉
    Dès le départ, j’ai voulu quitter la position inconfortable de cette %£#&* de cuvette ; le scénario n’offrant que peu de choix tactique au niveau du placement pour le défenseur…
    Après c’est la réalisation qui a pêché… J’aurai mieux fait de tout envoyer sur Vita. Et j’aurai dû vérifier les lignes de tir avant de déposer mes deux seules cal. 50 et mon mortier 60mm à la lisière du bois où ils ont été rapidement exterminés. Le servant du 60mm survivra et vengera (en partie) ses copains. Finalement ma résistance sera de plus en plus rude mais l’issue était inévitable après les premières minutes désastreuses :-p

  2. Carlos Carlos dit :

    Aaaaaalàlà, tu vends la mèche trop tôt ! 😀
    Je viens d’enregistrer à l’instant et en temps réel une évaporation de l’audience de l’ordre de 70% auprès des ménagères de moins de 50 ans et de 47% auprès des Alzheimeriens (qui devrait revenir dans quelques heures après avoir oublié ton message).

    On a eu je crois la même lecture tactique, ce doit donc être la plus juste. Si les collines tombaient, le fond de la vallée se trouverait sous une telle pression de trois côtés qu’il tomberait aussi nécessairement. Renforcer d’entrée les effectifs en haut des collines était donc le meilleur moyen de protéger la ferme, nous l’avons tous les deux bien vu.
    Mais il semble d’après ce que tu m’as dit que tu as commencé par lire la carte tactique à l’envers (Si tu es blonde et pulpeuse, MP moi), ce qui a provoqué le « désastre » du premier Half-track généreusement fourré de soldats US. Comme tu l’as dit, l’intention était juste, c’est dans la réalisation que tu t’es complètement fourvoyé.
    Placer tes meilleures armes en bordure de forêt a enfoncé le second clou. Je me suis également aperçu à mes dépends que la couverture offerte par la forêt était beaucoup moins importante qu’on pouvait l’imaginer au premier regard (il n’y a qu’à voir mes déconvenues successives sur Dolce), mais étant en forte supériorité numérique, mes pertes ont été proportionnellement plus légères. L’affaire était alors virtuellement pliée sauf grosses boulettes de ma part. Il ne reste que l’opportunité d’une résistance parfois farouche, et même provisoirement victorieuse…mais les premiers dommages ont coûté très/trop cher sur le long terme.

    Je n’en dirai pas davantage pour le moment, nous ne sommes qu’au quart du récit. On aura sûrement l’occasion de commenter à nouveau (sans trop anticiper!) 🙂

  3. Avatar Amaris dit :

    (Tours 16 à 20)
    « Une image d’une « danse » mystérieuse, que j’aurai pu reproduire à de nombreuses reprises au cours des tours passés et prochains. J’observe de temps en temps à l’extrémité opposée de la carte un opérateur radio courir depuis Dolce au fond de la vallée, puis le tour suivant remonter en trottinant sur Dolce…et ce manège se répétera…étrange. »

    -> Il me semble que j’avais ordonné aux survivants 😉 de rejoindre ‘Dolce’ mais le moral a flanché au milieu de la pente (au moment où mes propres hommes ont aperçu la masse italienne ?) et donc retour à la case départ. Où je risquais de me faire allumer par tes chars…

    « De fait, à mi-pente environ, volontairement ou involontairement, la progression s’arrête sous le feu nourrit de mes soldats. Un tireur d’élite tente sa chance. »

    -> Une initiative malheureuse de mes hommes. 😮 Alors que les ordres étaient de rejoindre ‘Dolce’ encore une fois…

    « Mon adversaire a pleinement pris conscience de la bévue et de la situation périlleuse dans laquelle il a fourré ses hommes. Il tente une nouvelle opération de sauvetage mécanisée à l’aide de son Half-Track, destiné à récupérer les malheureux. Un moment, l’engin fait même écran de son faible blindage… »

    -> J’ai tenté le tout pour le tout pour sauver ces quatres couillons. Mais le moral et la suppression briseront mon plan d’évacuation. 🙁

    « Comme nous visons très mal, un balle touchera l’un des deux qui avaient posé les armes, et le privera du luxe des camps de prisonniers. La guerre est cruelle. »

    -> C’est un crime de guerre ! :-p

    • Carlos Carlos dit :

      « Il me semble que j’avais ordonné aux survivants de rejoindre ‘Dolce’ mais le moral a flanché au milieu de la pente (au moment où mes propres hommes ont aperçu la masse italienne ?) »

      Il y a là un mécanisme de jeu intéressant qui serait à mon avis assez enthousiasmant à décortiquer pour bien comprendre.
      De mes simples expériences, je vais formuler des choses qui semblent correspondre à mes observations, mais qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant sans tests approfondis (le manuel de jeu n’est pas précis sur le moral, à part sur les situations de pertes de contrôle des niveaux « Secoué » et « paniqué » et de leurs conséquences possibles et durables telles que l’état « démoralisé » ou « en déroute ».)

      Bon, les fluctuations de la jauge de suppression ont une incidence sur le moral de l’unité, ça c’est sûr, mais il apparait aussi que le contexte plus général de la section, voire des échelons supérieurs ont aussi une influence. Une unité passera ainsi par exemple de « Ok » à « Prudent », même si elle n’a jamais été prise pour cible, mais simplement parce que des unités proches s’en sont pris plein la poire. De même, la simple proximité de forces supérieures en nombre peut saper le moral. Une unité pourra voir son moral altéré au passage d’un tank, même sans échange de tirs.

      Par rapport au mouvement, il me semble qu’en atteignant le stade « prudent », une unité aura tendance à réviser les ordres sans modifier leur destination. ainsi, un ordre « mouvement » vers un point « A » pourra devenir spontanément un ordre « courir » vers le point A. La vitesse est changée sous les sifflements des balles, mais pas la destination.

      A partir de clouage et/ou du niveau « perturbé », on verrait cette fois les unités tout bonnement annuler les ordres donnés. L’unité reste sur place, et il faut à la fin du tour éventuellement reprendre l’ordre qui n’apparaît plus. Pour autant, l’unité ne prendra pas d’autre initiative significative que simplement annuler l’ordre, ou alors elle se contentera de s’ordonner tout seul un ordre « ramper » hors de la zone dangereuse. Mais on peut soi-même annuler l’ordre spontané à la fin du tour. C’est ce qui a du arriver à ces quatre américains.

      A « secoué », on commence à entrer dans la perte de contrôle, et cette fois l’unité va prendre l’initiative de sauver sa peau avec un ordre nouveau (parfois de manière contre-productive en allant au devant du danger). On ne peut plus annuler l’ordre spontané. Il faut attendre que l’unité se reprenne, ce qui a ce stade prend généralement moins d’une minute (sauf si l’agression continue).

      Enfin, « paniqué », effets similaires à « secoué » sinon que la perte de contrôle s’étalera sur plusieurs minutes, et qu’un retour ne se fera souvent que « démoralisé », c’est à dire aux portes d’une nouvelle panique.

      Après plusieurs paniques, ce sera la « déroute ». Ce sont cette fois la fin des haricots. L’unité est irrécouvrable et sortira de la carte sans pouvoir être ramenée à la raison.

      Bref, un sujet passionnant qui mériterait des tests pour confirmer ou infirmer tout ça (même si je pense que la multiplicité des facteurs rend tout cela non-modelisable) et un bel article 🙂

  4. Emil' Emil' dit :

    Je trouve que l’américain s’en sort plutôt avec les honneurs.

    Il se fait défouraillé avec son mouvement malheureux de son HT, mais il a réussi à bloquer la progression un long moment en infligeant de lourdes.
    Et sur le décomptes final,
    les Us se sont battus à 1 contre 2.

    Belle partie

  5. Carlos Carlos dit :

    C’est vrai, si tu ne considères la situation qu’avec ce qui lui restait après 3 ou 4 tours (c’est à dire la perte prématurée de ses meilleurs atouts), l’américain a plutôt bien joué avec ce qu’il avait encore à sa disposition.
    Le rapport des effectifs rend l’équilibre de la partie tendu pour l’armée US, même si de l’autre côté les italiens sont toujours délicats à accomplir ce qu’on attend d’eux.
    Pour les combats infanterie/infanterie, en dehors d’un armement pas top-top, la plaie italienne est surtout l’impossibilité de diviser les groupes de combat. Une douzaine d’hommes qui sont toujours « groupir », c’est une aubaine pour des tirs en enfilade ou un cilblage de zone. C’est d’ailleurs le type d’évènement qui a eu lieu sur « Dolce » ou, par ailleurs, il faut l’avouer, j’aurai pu être plus malin. 😀

    J’ai rejoué une partie contre Amaris: Lemon Hill . Amaris tenait cette fois les italiens et, une nouvelle fois, le camp le plus « compliqué » face à mes américains peu nombreux mais armés jusqu’aux dents. Une nouvelle prestation tout à fait honnête mais une défaite « sur le fil ».

  6. Turambar Turambar dit :

    Je viens de finir la 6ème minute (pas de spoiler, svp, c’est serré :D), et je me demande si, dans CM, on peut capturer les véhicules adverses ? Parce que tous ces M3 inutilisés, ça donne envie ^^
    Je me demandais aussi si ton infanterie est équipée d’armes anti-char ?

  7. Carlos Carlos dit :

    je me demande si, dans CM, on peut capturer les véhicules adverses ? Parce que tous ces M3 inutilisés, ça donne envie ^^

    Non, et ça ne se faisait pas dans la réalité à cette échelle (le matériel de prise, ok, mais pas en cours de bataille, et pas contre un adversaire doté du même équipement). Faut quand même se figurer que s’emparer du matériel adverse (non repeint aux couleurs amies), c’est quand même le meilleur moyen de se prendre des pruneaux de la part des copains (je pense que ce doit être interdit par les conventions de guerre en sus).

    Même le fait d’utiliser une arme légère ennemie est très dangereux. Les détonations sont très caractéristiques selon les armes et vos potes, pris dans le feu de l’action, n’attendront probablement pas de voir votre visage avant de tirer dans le fourré où vous êtes planqué, en train de faire feu avec une arme ennemie.

    Ces remarques excluent bien évidemment, en prime, la formation nécessaire au maniement d’un engin qui est inconnu de vos soldats.

    Je me demandais aussi si ton infanterie est équipée d’armes anti-char ?

    Non, et c’est sans doute le plus gros problème de l’O.B italien, sous-équipé en moyens anti-char.
    Un simple Sherman est un très très gros problème pour l’effectif italien, même motorisé, qui n’a pas grand chose pour faire des trous dedans.

    Au niveau de l’équipement anti-char d’infanterie, si les british ont des PIAT, les américains des Bazooka et grenades AC, les allemands des Panzerschreck, Panzerfaust et également grenades…les italiens n’ont tout simplement rien d’équivalent.
    Dans le menu d’achat italien, tu peux bien trouver une « Compagnie d’infanterie anti-char italienne ». Tu te dis que tu es enfin tombé sur quelque chose d’intéressant, avant de t’apercevoir que les mecs de cette compagnie sont juste équipés de charges de démolition. Grosso-modo, les italiens balancent des bâtons de dynamite quoi (faudrait regarder à quel matériel réel ça correspond exactement tiens).

    Dans Avanti, ya même pas ça…mais ceci dit les balles des mitrailleuses sont tout à fait capables de faire des trous dans un Half-track…(entre 0,6 et 1,3 cm de blindage…)

  8. Turambar Turambar dit :

    C’est vrai, et on n’a pas l’habitude de voir les choses d’un œil aussi réaliste dans les jeux vidéo ^^

    En tout cas, bravo à tous les deux, c’était une belle partie, et, à la fin, l’Américain a fait des dégâts, malgré sa position intenable !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *